L’indice ILAT sert de référence pour réviser les loyers des locaux tertiaires (bureaux, cabinets, entrepôts logistiques). Publié chaque trimestre par l’INSEE, il repose sur une base 100 fixée au premier trimestre 2010. Comprendre cette base 100, c’est éviter les erreurs de calcul qui faussent une révision de loyer, parfois de plusieurs centaines d’euros par trimestre.
Série INSEE et code d’identification : le socle technique de l’ILAT
Chaque indice publié par l’INSEE correspond à une série statistique identifiée par un code unique. Pour l’ILAT, ce code est le 001617112. Cette référence garantit que le chiffre utilisé dans un calcul de révision provient bien de la bonne série, et non d’un indice voisin (ILC, ICC) ou d’une base différente.
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La valeur de l’ILAT au premier trimestre 2010 a été fixée à 100. Toutes les publications suivantes expriment l’évolution du loyer tertiaire par rapport à ce point de départ. Un ILAT affiché à 137 signifie que l’indice a progressé de 37 % depuis le T1 2010.
Attention : l’unité de l’ILAT est l’indice point, pas un pourcentage. Le pourcentage de variation trimestrielle ou annuelle affiché par l’INSEE (par exemple -0,04 % au troisième trimestre 2025) est un calcul dérivé. Confondre les deux fausse la formule de révision.
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Base 100 de l’ILAT : pourquoi ne jamais la reconvertir
Certains gestionnaires tentent de transposer l’ILAT dans une autre base (base 2000, base 2015) pour le comparer à l’ICC ou à un ancien indice de référence. C’est une erreur fréquente qui invalide le calcul de révision.
La clause d’indexation d’un bail tertiaire mentionne un trimestre de référence et un indice de départ. La formule standard fonctionne ainsi :
Nouveau loyer = loyer en cours x (ILAT du trimestre récent / ILAT du trimestre de référence)
Ce ratio ne fonctionne que si les deux valeurs proviennent de la même série, donc de la même base 100 au T1 2010. Injecter un indice recalculé sur une autre base revient à diviser des pommes par des oranges.
Erreurs concrètes à éviter dans la clause du bail
- Mentionner « indice INSEE » sans préciser qu’il s’agit de l’ILAT (série 001617112) : en cas de litige, le juge peut estimer la clause ambiguë et la déclarer non écrite.
- Indiquer un trimestre de référence antérieur au T1 2010 : l’ILAT n’existait pas avant cette date. Un bail signé en 2007 ne peut pas utiliser l’ILAT rétroactivement.
- Omettre la périodicité de révision : sans mention explicite (annuelle, triennale), la clause perd sa force contractuelle.
ILAT, ICC et ILC : écarts de volatilité depuis 2022
Le choix de l’indice de référence dans un bail n’est pas neutre. Depuis 2022, les trajectoires de l’ICC et de l’ILAT divergent nettement.
| Indice | Comportement récent | Type de bail concerné |
|---|---|---|
| ILAT | Progression régulière, faible volatilité | Baux tertiaires (bureaux, professions libérales, logistique) |
| ICC | Forte hausse fin 2022, baisse marquée mi-2025 | Historiquement utilisé pour les baux commerciaux |
| ILC | Stable, composé à 75 % d’inflation (IPCL) et 25 % d’ICC depuis le T4 2021 | Baux commerciaux (activités commerciales et artisanales) |
L’ICC reflète les coûts de la construction neuve résidentielle. Ses variations brutales n’ont aucun lien direct avec l’activité d’un cabinet de conseil ou d’un entrepôt logistique. L’ILAT offre une révision plus lissée, ce qui sécurise à la fois le bailleur et le preneur sur la durée du bail.
En revanche, un bailleur qui souhaite capter rapidement une hausse conjoncturelle trouvera l’ICC plus réactif. Le prix à payer, c’est l’instabilité : une année l’ICC grimpe fortement, l’année suivante il chute, rendant les projections de revenus locatifs peu fiables.

Clause d’indexation ILAT : rédaction et trimestre de référence
La solidité juridique d’une révision de loyer repose sur la rédaction de la clause d’indexation. Un bail professionnel qui mentionne l’ILAT doit préciser trois éléments.
- L’indice de référence exact : « indice des loyers des activités tertiaires (ILAT), base 100 au premier trimestre 2010, publié par l’INSEE ».
- Le trimestre de référence initial : celui qui sera utilisé comme dénominateur dans le ratio de révision. Il correspond généralement au dernier trimestre publié à la date de signature du bail.
- La date d’effet de chaque révision : annuelle dans la plupart des baux professionnels, triennale dans certains baux commerciaux où l’ILAT est choisi contractuellement.
Un détail piège : l’INSEE publie l’ILAT avec un décalage de plusieurs mois. Le trimestre « T3 2025 » n’est pas disponible en septembre 2025 mais quelques mois après. La clause doit prévoir le dernier indice connu à la date anniversaire du bail pour éviter un blocage.
Variation annuelle négative : quel impact sur le loyer révisé
Au troisième trimestre 2025, l’ILAT affiche une variation annuelle de -0,04 %. C’est la première baisse significative après plusieurs trimestres de hausse modérée. Pour un bail indexé sur l’ILAT, cela signifie que le loyer révisé sera très légèrement inférieur au loyer précédent.
En pratique, sur un loyer annuel de plusieurs dizaines de milliers d’euros, une variation de -0,04 % représente quelques euros. L’impact financier est marginal, mais le signal compte : l’ILAT peut baisser, et le bail doit l’accepter. Une clause plancher qui empêcherait toute baisse du loyer serait considérée comme une clause d’indexation à la hausse uniquement, ce que la jurisprudence sanctionne régulièrement.
Un bail bien rédigé applique l’indice dans les deux sens. Le bailleur qui refuse d’appliquer une baisse s’expose à une contestation du preneur et, en cas de litige, à un recalcul rétroactif des loyers perçus en trop.